Polaris

Samedi 26 novembre 2005

Pandora

Classé dans : Musique, Web 2.0 — polaris @ 16:26

Amateurs de musique et explorateurs phonographiques de tous poils, vous qui êtes énervés parce que votre iPod plafonne à 60 Go et que tous vos amis sont fans de Kyo, ce billet est pour vous. Découvrir de la bonne musique — c’est à dire, de la musique que vous aimez — a toujours été un processus empirique. Que ce soit en écoutant la radio, au détour d’un concert, en écoutant un disque chez un ami, la découverte est souvent fortuite, opportuniste. On notera au passage le gros échec de la balise “Genre” des morceaux en mp3, qui sert approximativement à… rien, au moins de ce point de vue. Pour aller plus loin, on peut explorer les influences revendiquées par les artistes, ou bien lire la presse spécialisée pour trouver des pistes, mais ce type de recherche se limite aux artistes les plus connus (les articles sur Huun-Huur-Tu sont moins fréquents que ceux sur Madonna).

L’an dernier, j’ai découvert Audioscrobbler (rebaptisé last.fm), et la possibilité de voir ce qu’écoutent mes voisins est déjà appréciable: non seulement le nombre d’amis à qui je peux demander ce qu’ils écoutent augmente de manière exponentielle, mais en plus je peux cibler directement ceux qui écoutent djà à peu près la même chose que moi, ce qui est censé augmenter mes chances. Mais au final, ça reste le même système: écouter un morceau chez un ami pour voir si on aime.

Mais voici Pandora, un service de découverte musicale propulsé par le Music Genome Project, et qui prétend répondre à cette simple question: “Pouvez-vous m’aider à découvrir de la musique que j’aime ?”. Concrètement, les musiciens du MGP ont passé des années à analyser les caractéristiques musicales de plus de 300.000 morceaux représentant plus de 10.000 artistes: mélodie, rythme, tonalité, harmonie, instrumentation, arrangements, chants et contrechants. Et maintenant, partant d’un artiste ou d’une chanson qui vous plaît, ils sont capables de vous proposer une liste de morceaux présentant des caractéristiques similaires.

Une fois enregistré (c’est gratuit si vous acceptez la pub), le site lui-même est d’une agréable simplicité: une simple page, qui contient un petit lecteur Flash. Sur la gauche, une colonne contient vos “radios”, sur la droite, une liste des pochettes illustrant les derniers morceaux joués. Pour créer une radio, on indique juste le nom d’un artiste ou d’une chanson. Pandora peut demander de préciser s’il y a plusieurs correspondances possibles, et ensuite, la musique démarre, en mp3, 128 kb/s. Vous n’aimez pas un morceau ? Pandora passe au suivant, et affine sa sélection en conséquence. Vous découvrez une perle ? Pandora note votre approbation, et vous permet de l’acheter directement sur iTunes ou sur Amazon. Vous pouvez aussi demander pourquoi un morceau particulier est joué, et Pandora fera une liste succinte des paramètres qui le/la poussent à croire que ce morceau peut vous plaire. Cerise sur le gateau, vous pouvez marier plusieurs influences au sein d’une même radio, et les résultats sont surprenants (j’ai essayé “Dead Can Dance” meets “Juno Reactor”, et ça donne un mélange électro-vocal très mélodique, assez agréable).

Alors bien sûr, ça reste très anglophone pour le moment, et si le jazz est bien représenté, le classique est notoirement absent. La FAQ indique que l’animal est plus difficile à attraper, et fera l’objet de mises à jour futures, tout comme la musique latino-américaine. En attendant, Pandora est un service comme on aimerait en voir plus souvent, dépouillé, facile d’accès, précis et efficace.

Petite note technique: la musique est mise en cache sur la machine locale avant d’être jouée. Sous Linux, c’est dans /tmp/plugtmp/. Je suppose qu’on doit pouvoir trouver la même chose dans le répertoire temporaire d’une Winbox. Les morceaux ne sont pas taggés, mais ce problème a une solution connue.

Netvibes

Classé dans : Technique, Web 2.0 — polaris @ 16:25

Je lisais il y a peu un test de la page d’accueil personnalisée Live.com (qui va sûrement fusionner avec Xbox Live pour assurer à Bill Gates la victoire finale) et de son homologue chez Google. Pour faire bref, l’auteur renvoie les deux protagonistes dos à dos, en concluant qu’ils pourraient prendre exemple sur leur petit camarade Netvibes, qui lui a tout compris. Du coup, évidemment, ça m’a donné envie d’essayer Netvibes, et c’est plutôt joli, jugez plutôt.


On peut mettre plein de jolies choses sur sa page, les gros titres de ses magazines et blogs préférés, mais aussi la météo pour la ville de son choix, un comparateur de prix (le screenshot date un peu, depuis j’ai décidé de boycotter Sony), une boite de recherche multi-moteurs (Google, Yahoo, Icerocket, Wikipedia, pour les autres, il faudra repasser), un notificateur de messages branché sur mon compte gmail, un flux de photos en provenance de Flickr, une note subliminale sur fond rose à l’intention de mes amis, et j’en passe. Il y a aussi un module de bookmarks, avec classement par tags, et une interface pour le site writely, dont il faudra que je parle un de ces jours. Le tout est configurable à souhaits, chaque boîte peut être déplacée sur la page par simple drag’n'drop, on peut choisir combien de titres sont affichés sur chaque flux, et la page mémorise les titres lus/non-lus, etc… Cerise sur le gateau, on peu importer / exporter ses flux sous forme de fichier OPML. Ah, non, aussi, il y a plein de projets qui devraient se concrétiser bientôt,

  • Recherche de flux
  • Module d’étiquetage (so Web 2.0)
  • Module boursier
  • Todo-list
  • Thèmes graphiques
  • Images de fonds
  • Format sur plusieurs pages
  • and so much more…

Vous allez me dire: je m’en fiche, j’ai un navigateur, un lecteur RSS et un client mail, donc ça ne me sert à rien. Et je répondrai: vous avez raison, mais là tout est sur une seule page, organisé selon vos préférences, quel que soit l’ordinateur que vous utilisez. J’en vois un au fond de la salle qui a compris ce que je voulais dire.

Mardi 22 novembre 2005

Dis monsieur, c’est quoi le Web 2.0 ?

Classé dans : Technique, Web 2.0 — polaris @ 15:51

Comme vous l’aurez noté si vous n’êtes pas parti habiter sur Mars (ou pire, dans le sud de l’Inde), un des mots à la mode depuis cet été c’est le “Web 2.0″. Et comme tous les buzzwords, celui-ci a de bonnes chances de signifier à peu près tout et son contraire, suivant qui l’emploie, au point qu’il a déjà été désigné comme synomyme pour Internet Bubble 2.0.

Qu’est-ce qu’on met dans ce grand sac fourre-tout ? Pour certains, c’est une question de technologie: AJAX, RSS, XML, choisissez vos acronymes, ils sont tous là pour vous faire des jolies pages web dynamiques, agréables et conformes aux standards du web. Si c’est ça, on est loin de la révolution annoncée: la première bulle internet était déjà axée sur la génération de pages ad hoc à la volée, par des CMS qui piochent le contenu dans une base de données séparée et plus facile à mettre à jour. Rien de très nouveau au niveau technique, donc pas de Web 2.0 ? Ce serait un peu facile. La décentralisation radicale des modèles de publication et de distribution (blogs, wikis, bittorrent), l’utilisation de techniques éprouvées pour fournir aux utilsateurs une interface riche (Gmail, Google Maps, Netvibes) et l’omniprésence des briques structurelles (les usual suspects, Apache, MySQL et les autres), tout cela montre que même si le changement n’est pas technologique, la technologie est au coeur du changement.

Ce qui semble bien plus fort dans le “Web nouveau”, c’est l’implication des utilisateurs dans la production de contenu. Bien sûr, publier sa propre page web est possible depuis plus de 10 ans avec un simple serveur Apache, mais aujourd’hui, les blogs et les wiki ont fait sauter les dernières barrières techniques, les utilisateurs publient effectivement, ils prennent le contrôle de “leur” web, et ils adorent ça. Les services qui leur donneront le plus d’autonomie sont a priori ceux qui ont dorénavant le plus de chances de recueillir leurs suffrages. L’acheteur qui laisse un commentaire sur Amazon.com, la réputation d’un vendeur sur eBay, la rédaction d’une encyclopédie communautaire comme Wikipedia, voilà les prémisses d’un web collectif, aux mains des utilisateurs. Le partage de l’information est le pas suivant: un flux RSS, et l’information devient accessible en lecture non seulement aux usagers, mais à tout programme ou service qui pourrait en tirer parti; une API un peu plus évoluée, et vous pouvez laisser d’autres programmes, d’autres services ajouter de l’information, par exemple uploader vos photos dans flickr ou synchroniser vos bookmarks sur del.icio.us ou blogmarks. C’est de cette manière qu’on peut marier Flickr et Google Maps pour placer des photos sur une carte du monde (geobloggers.com) ou pour avoir une cartographie instantanée de la position des membres d’un groupe (frappr.com). C’est ce qui se passe quand l’information devient accessible, éditable, mélangeable qui est intéressant, et c’est sans doute ça, le Web 2.0

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