Polaris

Mercredi 19 octobre 2005

Parallel Peer Programming

Classé dans : Code, Linux, Technique — polaris @ 22:09

Un execellent billet de Scott James Remnant, codeur pour Canonical (Ubuntu), à propos des méthodes de programmation modernes (“XP”, pour Xtreme Programming) et ce qu’il a réussi à en faire, à savoir le Parallel Peer Programming. En gros il mélange deux idées: le pair programming, où un codeur a le clavier et l’autre le guide tout en réfléchissant à la suite, et le test unitaire, où on écrit d’abord le programme “test” qui va vérifier si le code fonctionne, avant de modifier le code pour qu’il passe le test. Résultat: une session de travail en parallèle, avec un programmeur qui écrit les tests unitaires, et l’autre qui écrit le code pour passer les tests. C’est sans doute incompréhensible pour ceux qui ne sont pas là-dedans, mais moi ça me semble tellement lumineux que ça me donne vraiment envie d’essayer.

Mercredi 29 juin 2005

Astuce pour convertir les .EPS en .FIG

Classé dans : Code, Linux, PostScript, Technique — polaris @ 11:13

Ça ne servira sans doute qu’à moi, mais c’est déjà ça, et un étudiant désespéré tombera peut-être dessus via Google: on peut convertir les images eps (encapsulated postscript) en fichiers éditables avec xfig grâce à la commande pstoedit comme ça:

pstoedit -dis -f fig image.eps > image.fig

Comme xfig permet d’exporter vers plein de formats, y compris vectoriels, ça devrait suffire pour récupérer à peu près n’importe quoi. Pour extraire les fichiers .eps d’un document Postscript, utiliser psrip. Évidemment, tout ça c’est sous Linux (et autres *nix). J’en ai eu besoin parce que l’import .eps d’Inkscape ne fonctionne pas encore très bien.

Mercredi 18 mai 2005

Industrie du disque et copie privée

Classé dans : DRM, Musique, Technique — polaris @ 22:26
Saisi au détour d’une discussion sur linuxfr, un lien sur un article du Figaro, qui me fait regretter que la presse conservatrice n’aie pas choisi d’en rester au format papier. Le papier, donc, présente les prochains débats parlementaires liés à l’adaptation au droit français de la directive européenne EUCD, l’équivalent allégé du (tristement) célèbre DMCA. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les mots sont choisis: “Les industriels réclament de nouvelles règles”, “la copie privée vit ses dernières semaines”, ce qui pourrait “faire l’affaire des producteurs de musique comme des fabricants d’électronique”, au détriment des consommateurs, bien sûr, mais qui s’en soucie, ici ceux qui comptent sont les ayant-droit, et ils n’ont pas l’intention de fléchir.Cette lecture diagonale (et je l’admet, biaisée) de l’article révèle tout de même quelques incohérences frappantes de la part d’un journaliste (Torregano) aussi présent sur le front des technologies numériques et du droit d’auteur. Tout d’abord, les intérêts des fabricants et ceux des ayant-droit divergent, et ce qui fait l’affaire des producteurs a de bonnes chances de museler gravement des pans entiers de l’électronique personnelle, qui est pourtant (aussi vain que cela puisse paraître) un des moteurs de l’économie occidentale depuis une trentaine d’année. Parce qu’au final, un baladeur qui ne lit que des fichiers “légaux” est strictement moins utile pour son propriétaire que celui qui lit aussi les morceaux extraits de CD, capturés à la radio ou récupérés sur un podcast, sans compter qu’en raison de toute la tuyauterie servant à protéger les droits numériques, comme on dit, il a de bonnes chances d’être aussi plus cher. L’hilarité gagne du terrain lorsque Philippe Poels, patron de Sony France et président de la Simavelec (si j’ai bien compris) déclare: “la France importe illégalement 25 à 30% des DVD vierges, non taxés. Il faudrait changer la loi. Elle n’est plus adaptée au marché actuel.” Autant pour la concurrence libre et non faussée, donc. Lorsque le consommateur arrête de moutonner et joue selon les règles de la sacro-sainte loi du marché, il faut tordre le cou à la loi Lang, abattre la commission d’Albis (qui se charge de fixer des taxes sur les supports vierges pour rémunérer les ayant-droit) et promouvoir un nouveau calcul “basé sur le préjudice subi”, autrement dit imposer aux policiers la corvée de courser les pirates, et aux tribunaux la charge de récolter les amendes pour le compte des multi-nationales du disque.

Les magistrats, pour leur part, ont déjà fait savoir ce qu’ils pensaient de la pénalisation des réseaux peer-to-peer, par la plume de Dominique Barella, président de l’union syndicale des magistrats qui publiait mi-mars dans Libération un article intitulé “Dépénaliser la musique téléchargée”. Donc pour le suspense c’est raté, mais lisez quand même le papier, il soulève quelques points intéressants, entre autres “Quand une pratique infractionnelle devient généralisée pour toute une génération, c’est la preuve que l’application d’un texte à un domaine particulier est inepte”, qui revient à paraphraser comme souvent mon vieil ami Platon: lorsqu’une loi est transgressée par la majorité, c’est qu’elle est mauvaise. Le papier de Barella a d’ailleurs été reçu très fraîchement par les industriels concernés, qui sont allés gémirextrêmement surpris et choqués” sous la fenêtre de M. Perben, en le remerciant d’avance de bien vouloir botter le train de M. Barella. Enfin, c’est dit plus poliment, mais c’est l’idée. Pour l’occasion, ils nous ont même ressorti les violons d’une industrie en pleine récession, les pauvres…

Mais revenons aux aberrations de l’article du Figaro, pour en finir. Pour justifier la position des industriels, l’auteur explique que “un CD vendu dans le commerce rapporte quatorze fois plus à son producteur que sa copie par le truchement de la commission d’Albis. Le calcul est vite fait pour les maisons de disques”. Il va falloir finir par tordre le cou à cette soucoupe volante: si l’utilisateur moyen devait payer pour tous les disques qu’il possède, il en possèderait moins: son salaire n’est pas extensible, donc il n’en achèterait pas plus. Avec la diversité des supports de loisirs, chaque secteur (CD, DVD, mais aussi jeux vidéos et contenu en ligne) va recevoir une plus petite part du gateau.

Et on termine sur le bon gros voeu pieux, qui témoigne de la foi inébranlable de l’auteur en la toute puissance de la technologie: “Une utilisation efficace des DRM par les producteurs de musique comme de cinéma sur leurs oeuvres réduirait considérablement le nombre de copies dites illégales”. Cet oeuf d’autruche là est encore plus dur à cuire. Je crains d’être obligé de sortir l’artillerie lourde pour lui faire un sort, en l’occurence un exposé de Cory Doctorow (de l’Electronic Frontier Foundation) pour le Microsoft Research Group en juin 2004. Dans son manifeste “Digital Rights Management” (Gestion des droits numériques), il explique pourquoi:

  1. Les DRM ne fonctionnent pas
  2. Les DRM sont mauvais pour la société
  3. Les DRM sont mauvais pour les affaires
  4. Les DRM sont mauvais pour les artistes
  5. Les DRM sont un mauvais choix pour Microsoft
  6. Les DRM vont manger votre glace menthe-chocolat et vider votre mini-bar
Ok, j’ai inventé la dernière, mais sinon, le plan est repris tel quel. Voilà la traduction française et un joli pdf, je n’ai pas trouvé de joli pdf en français, mais si ça vous tente, vous pouvez le faire, le texte est dans le domaine public. Je ne vais pas paraphraser cet excellent travail, lisez-le, il est à la fois drôle, suffisament accessible et suffisament technique — il se base entre autres sur le travail de chercheurs de chez Microsoft sur l’équivalent numérique du marché noir, qu’ils ont pour l’occasion étiqueté Darknet (le document est au format Word, si vous aussi ça vous est pénible, Google propose une version html).Le vrai problème dans tout ça, c’est que l’EUCD n’est pas à proprement parler une directive progressiste en matière d’équilibre des pouvoirs entre les ayant-droit et les consommateurs, et que son implémentation par un parlement français particulièrement droitier risque de ne rien arranger. Il est trop tôt pour changer de parlement, trop tard pour interpeller les parlementaires, alors faudra-t-il au final rentrer en résistance contre une loi absurde et attendre que ça passe ? En tout cas, le point positif, c’est que ça pourrait à court terme supprimer les taxes sur les supports numériques, et qu’on ne serait plus obligés d’acheter les DVD vierges à l’étranger…

Dimanche 24 avril 2005

Coexistence pacifique

Classé dans : Linux, Technique — polaris @ 22:37

Ça fait maintenant quelques jours que ma linuxienne de machine coexiste avec une consoeur vendue à l’ennemi, et ça se passe plutôt bien: elles se partagent l’accès au réseau, et quelques fichiers via Samba, voilà tout. Ah si, il a fallu que je bricole un peu quand même: je suis tombé sur synergy, un de ces utilitaires indispensables dés le premier contact, qui permet de contrôler plusieurs machines d’un réseau à partir d’un seul couple clavier/souris. Ça se met en place en 5 minutes, et une fois que c’est configuré, c’est magique: la souris “sort” de l’écran pour apparaître sur celui de la machine d’à côté, et le clavier suit le focus. Du coup, je reste sur ma machine, et les rares fois ou j’ai quelque chose à bricoler sur la Windows Box, je balance ma souris à gauche et je change de machine, littéralement. Un régal.

Un petit raffinement pour la configuration des drivers eagle-usb. Pour qu’ils se lancent au démarrage, faites un:

sudo update-rc.d eagle-usb defaults 20

et voilà, lancement du modem au démarrage. Pour le partage de l’accès internet, j’ai installé Firestarter, un petit firewall pour Gnome, qui a l’avantage de se configurer tout seul, ça suffira pour la dizaine de jours que j’ai à passer ici. Firestarter permet de définir facilement des politiques spécifiques pour les trafics entrants et sortants, donc j’ai fait un trou pour mon client bittorrent, forwardé deux ports à la Winbox pour charger la mule, et hop…

C’est bien quand tout ronronne…

Tricheur

Classé dans : Google, Linux, Technique — polaris @ 1:23

Cheater
Originally uploaded by Nold.

Encore un site à la noix qui va à la pêche aux clients en profitant de l’essor de Linux. Le lien “Suse Linux” ne pointe bien sûr pas vers le site de la distribution allemande, encore moins sur le site de microsoft comme pourrait le faire croire l’indication en vert en dessous de la pub. Non, il pointe sur un site de charlatan, ms-answers.com, qui propose d’accompagner les utilisateurs de Novell Netware 4.x et 5.x vers des solutions performantes à base de … Windows Server 2003, avec évidemment la formation et les services sur site qui vont bien. Cerise sur le gateau, le site, qui n’appartient pas à Microsoft, s’appuie sur les offres promotionnelles du géant de Redmond pour fourguer sa camelote. Évidemment, ce site n’est enregistré nulle part, n’appartient à personnen et disparaîtra sans doute rapidement. Mais quand même, je me demande s’il y a un moyen de signaler ce genre d’abus à Google…

Vendredi 22 avril 2005

Ubuntu Hoary + Sagem Fast800

Classé dans : Linux, Technique, Ubuntu — polaris @ 18:51

Bon, allez, je tire ma flemme pour écrire un billet qui pour une fois peut intéresser des gens: ça fait 3 jours que j’utilise un modem Sagem Fast800 sur un compte Cegetel adsl max dégroupé, et ça fonctionne à merveille. À la maison, je suis tranquille derrière un petit routeur Bewan — en fait, le boitier est livré comme un modem, mais c’est un routeur, si on lui parle gentiment — mais là je suis venu me mettre au vert quelques jours chez un ami pendant son abscence, et il a le fameux Sagem.

Alors évidemment, pour lui, c’est facile, il est encore sous Windows XP, le support des modems USB ne pose pas de problème. Mais moi, avec ma machine militante résolument Ubuntu, il fallait que je trouve rapidement une solution. Bonne nouvelle: le paquet eagle-usb existe dans les dépôts universe donc un petit apt-get… Argh. La machine n’est pas connectée au réseau, pas moyen de télécharger quoi que ce soit. Je vous ai déjà dit que je n’étais pas prévoyant ?

Donc je descend acheter un cable réseau, je tente de configurer la machine sous XP pour qu’elle me serve de passerelle, j’abandonne au bout d’une heure: c’est sans doute très simple, mais je ne sais pas faire. En désespoir de cause, je télécharge les sources directement (ça m’évite de télécharger 3 ou 4 paquets à la main, et comme ça je suis sûr d’avoir les derniers pilotes), je les transfère sur ma machine via ma clef usb, je compile, je lance, un petit coup de stress: pas de référence à Cegetel dans les choix par défaut. Je google un peu, je tombe sur un post dans un forum où le type s’est apparemment amusé à faire varier tous les paramètres un par un pour trouver la bonne combinaison, et en 20 minutes c’est bon: je suis connecté au Grand Ternet.

Pour mémoire, un petit diagnostic victorieux:

$ eaglediag
Diagnostic (1.21 2005/01/16) driver eagle-usb 20050423192957
# System Information
Linux dharma 2.6.10-5-k7 #1 Tue Apr 5 12:56:05 UTC 2005 i686 GNU/Linux
3.1
Linux version 2.6.10-5-k7 (snip)
version gcc 3.3.5 (Debian 1:3.3.5-8ubuntu2) used : 3.3.5 (Debian 1:3.3.5-8ubuntu2)
# module loaded ?        [ OK ]
# modem operational ?    [ OK ]
# Config vpi/vci/encapsulation/isp : 8 23 6 (pppoa) FR01
# pppd launched ?        [ OK ]
# Service for connection [ OK ]
# ping IP ?              [ OK ]
# test DNS resolution ?  [ OK ]

Et même si c’est un peu rasoir, le contenu du fichier /etc/eagle-usb/eagle-usb.conf, des fois que ça servirait à quelqu’un, vu que je n’arrive pas à remettre la main sur le forum qui m’a aidé.

$ cat /etc/eagle-usb/eagle-usb.conf
<eaglectrl>
#POTS FOR EAGLE
OPTN0=80008066
OPTN1=00000000
OPTN2=63600000
OPTN3=00000028
OPTN4=00600000
OPTN5=00000500
OPTN6=00000000
OPTN7=02FB0000
# OPTN15=09090909
OPTN18=00000000
OPTN19=00000000
OPTN20=11900002
OPTN70=218280AA
OPTN72=006F06EB
OPTN73=00010060

# VPI / VCI are in hexa (8, 23) is 8,35 in decimal
VPI=0000008
VCI=00000023

Encapsulation=0000006

Linetype=00000001
RatePollFreq=00000009
</eaglectrl>
STATIC_IP=none
ISP=FR01
LANG=fr
ASYNCHRONOUS_START=1

Bon, pour le coup, j’admet que ma maman n’aurait pas pu le faire…

Jeudi 21 avril 2005

Dormez malin

Classé dans : Musique, Technique — polaris @ 16:55

Ou plutôt SleepSmart: c’est le nom d’un concept amusant, apparement pas encore en vente, mais qui a fait vibrer les détecteurs de buzz ces derniers jours. L’idée, mise en avant par des étudiants de l’université de Brown est de surveiller les phases de sommeil pour réveiller le dormeur au moment le plus opportun.

En effet, le temps de sommeil est divisé en cycles, eux-mêmes divisés en trois phases: sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal. On observe qu’une personne réveillée pendant une phase de sommeil léger a tendance à être plus alerte, plus dynamique que si l’on interrompt une phase de sommeil profond ou paradoxal. En moyenne, un cycle dure 90 minutes, mais cette donnée est très variable d’un sujet à l’autre. La durée des phases à l’intérieur d’un cycle est elle aussi dépendante du sujet.

SleepSmart est composé d’un réveil et d’un bandeau souple porté autour de la tête. Le bandeau, muni de plusieurs capteurs et d’un microprocesseur, analyse les ondes cérébrales caractéristiques et détermine le moment optimal pour un réveil en douceur, pendant la dernière phase de sommeil léger avant l’heure programmée. Le réveil est alors déclenché par communication sans fil.

Le système n’est pas encore en vente, mais une société, Axon, a déjà été créée pour exploiter le concept, et il est possible de faire une précommande en indiquant le prix maximum que l’on est prêt à payer pour cette merveille — entre 150 et 250$ pour se lever du bon pied.

Au-delà de l’aspect pratique de dormir avec un électroencéphalographe, on se demander comment le système s’adapte à la vie en couple.

Dans la même catégorie, SleepTracker est une montre-bracelet qui tente de déterminer les phases de sommeil succesives sans analyser les ondes cérébrales. La méthode utilisée, non divulguée, semble reposer sur l’analyse de la température corporelle, des pulsations cardiaques et des mouvements du dormeur. C’est moins documenté, mais ça semble fonctionner si l’on en croit les témoignages. En outre, l’alarme est assez faible, ce qui peut résoudre le problème précédent. SleepTracker est en vente pour 150$. Il serait intéressant de voir une version avec un vibreur.

Dernier du genre, par les artistes de Promise Design, un simple anneau pour vous réveiller en douceur. Le concept inclut, outre l’anneau, une table de chevet, un réveil très sobre (pas d’affichage, juste deux voyants mobiles pour désigner les heures et les minutes), et une lampe sur pied colorée d’après votre iris, les trois éléments étant fusionnés en un seul. Pour le reste, vous devinez: l’anneau surveille les phases de sommeil et prévient le réveil. La description ne dit pas si la lampe s’allume simultanément, et on ne parle pas du prix.

Si vous êtes réfractaires à l’idée qu’on surveille votre cycle de sommeil, mais voulez tout de même vous lever le matin, le MIT arrive à nouveau à la rescousse avec Clocky. Ce petit réveil sympa se présente comme un cylindre capitonné, avec deux petite roues. Plutôt que de vous laisser appuyer sur le bouton “encore 5 minutes” pendant des heures, Clocky roule de la table de nuit, rebondit sur les obstacles et file se planquer pour vous forcer à vous lever la prochaine fois qu’il sonne. Comble du raffinement, pour éviter que vous ne vous leviez au radar pour aller l’éteindre avant de vous recoucher, son algorithme inclut des paramètres aléatoires, ce qui assure qu’il trouvera une nouvelle cachette chaque jour. Malheureusement, Clocky est un projet de recherche et n’est pas en vente. Mais son inventeur imagine déjà comment on pourrait gérer la cohabitation de deux personnes aux horaires différents dans la même chambre, avec un Clocky qui dirait à l’autre de ne pas faire trop de bruit pour ne pas réveiller son propriétaire, ou alors les deux Clocky qui formeraient une alliance pour cibler le dormeur récalcitrant.

Pour un concept approchant, la Sfera est un globe luminescent suspendu au-dessus du lit. Lorsqu’elle sonne, vous pouvez la toucher pour la réduire au silence, mais à chaque fois, elle s’élève de quelques centimètres, vous forçant à vous extraire chaque fois un peu plus du lit pour gagner 10 minutes de tranquilité. Plus coloré, mais moins drôle, et pas en vente non plus…

Enfin, pour les sensibles, Quattro est un réveil très sophistiqué, dont la fonction change en fonction de la position et qui réagit à la proximité de l’utilisateur. Mais sa fonction le plus craquante, c’est l’ours en peluche qui sert de télécommande: faites un calin à Teddy pour gagner 10 minutes de silence ou changer de station.

Mardi 12 avril 2005

Sony invente la Matrice ?

Classé dans : Sony, Technique — polaris @ 19:41

D’après Reuters, Sony vient de décrocher un brevet invraisemblable sur l’utilisation d’ondes ultrasoniques pour projeter des informations sensorielles, images, sons, odeurs ou autres directement dans votre cerveau. Je dis le vôtre, parce qu’en ce qui concerne le mien, je suis tenté, mais non.

Toujours est-il que ce brevet améliore le concept de la Matrice (et une bonne partie de la littérature cyberpunk qui lui a donné naissance), parce que la méthode décrite est non invasive, “sans fil” en somme. Extrait du papier Reuters:

The technique could one day be used to create videogames in which you can smell, taste, and touch, or to help people who are blind or deaf. The U.S. patent, granted to Sony researcher Thomas Dawson, describes a technique for aiming ultrasonic pulses at specific areas of the brain to induce “sensory experiences” such as smells, sounds and images. “The pulsed ultrasonic signal alters the neural timing in the cortex,” the patent states. “No invasive surgery is needed to assist a person, such as a blind person, to view live and/or recorded images or hear sounds.”

Donc, on bombarde votre cerveau d’ultra-sons pour lui faire voir des éléphants roses. Comme on s’en doute, les premières applications sont dans le domaine médical, mais si ça fonctionne, c’est le réseau “sensoriel” de cyberpunk à portée de main, de la télé-présence à gogo, et des jeux à vous décrocher la machoire. Le hic est là: si ça fonctionnne. Parce qu’en fait, Sony n’a pour l’instant rien construit, tout est théorique. En fait, un article du New Scientist précise que Sony n’a pour le moment pas fait d’expérience pour valider le concept, mais que “plusieurs experts indépendants trouvent le concept plausible”. Vous m’en direz tant.

Donc bon, ne retenez pas votre respiration, l’interface neurale sans fil ne débarquera sans doute pas dans votre salon demain. Et quand bien même, j’ai dans l’idée que les premières versions vont vous filer de fameuses migraines. En parlant de ça, l’utilisation de ce genre de technique par un exécutif peu scrupuleux à fins de torture et/ou de désinformation a de quoi donner des cauchemars.

Windows XP et le Service Pack 2

Classé dans : DRM, Technique — polaris @ 18:20

Voilà, c’est aujourd’hui, on vous avait prévenu, maintenant c’est trop tard. À compter d’aujourd’hui, les utilisateurs de Windows XP qui avaient”retardé” le passage au Service Pack 2 devront s’y soumettre, ou renoncer au service de mise à jour automatique. Cela pose différent problèmes.

Tout d’abord, certaines applications restent incompatibles avec cette modification majeure du système. Comment les utilisateurs (entreprises ou particuliers) vont s’adapter à ce changement semble ne pas concerner la firme de Redmond: vous faites la mise à jour, ou bien vous êtes seul. Et connaissant le savoir-faire technique des quelques utilisateurs que je cotoie, je doute qu’ils prennent la peine de patcher leur système à la main. Du point de vue de la sécurité, c’est moyen.

Ensuite, le CLUF supplémentaire est un peu inquiétant. Tristan Nitot, l’auteur du standblog, a pris le temps de le lire parce qu’il subodorait un problème avec Windows Media Player 9, et ça n’a pas manqué: en bref, en acceptant l’installation, vous autorisez Microsoft et ses partenaires à contrôler le contenu protégé sur votre machine, via la technologie de Digital Rights Management (DRM). Ce droit inclut, mais ne se limite pas à, la possibilité de télécharger des listes de révocation sur votre machine pour vous empêcher de lire certains fichiers considérés comme illégaux. C’est d’autant plus regrettable que je ne connais personne qui lise ces contrats interminables (je ne les lisais pas non plus quand j’utilisais Windows).

L’alternative est donc simple: vous acceptez les DRM, ou bien vous renoncez à la meilleure sécurité du SP2 et aux mises à jour automatiques. Ceux qui me connaissent doivent sentir arriver le moment ou je me mets à poutrer sur Microsoft avec violence. Ceux qui me connaissent se trompent. Parce qu’il faut être un peu honnête, l’inclusion des DRM dans Windows Media Player n’est qu’une pierre minuscule dans l’édifice. En fait, c’est même un prolongement logique. Je ne dis pas que je suis pour les DRM (loin de là), mais si j’utilisais Windows, ce point particulier ne changerait rien pour moi: je n’ai pas de fichiers DRM-isés, et je n’utiliserais pas WMP sous la menace d’une arme. Plouf, un coup dans l’eau.

Le problème émerge lorsque l’utilisateur achète du contenu protégé (par exemple, un morceau de musique dans une boutique en ligne): à ce moment là, le contrat accepté dans un moment d’égarement permet à Microsoft (et à ses partenaires) de décider pour vous si vous pouvez en profiter. Mais à la base, le choix d’acheter un morceau sans obtenir sa propriété est celui de l’utilisateur: si personne n’achète ces fichiers, les majors ne peuvent pas les contrôler. Je vous renvoie à la citation de Coluche fréquemment invoquée dans ce contexte, qui dit qu’il suffirait qu’on arrête de l’acheter pour qu’ils ne puissent plus le vendre… Le même raisonnement tient pour les futures cartes sons qui négocieront avec l’OS pour éviter que le signal ne puisse être intercepté avant la sortie: ne les achetez pas.

La généralisation suit naturellement. N’achetez pas de CD protégés contre la copie. Bien sûr, pour le moment vous pouvez toujours vous débrouiller pour transférer les morceaux sur votre baladeur, mais si ces CD se répandent, le pas suivant sera de les utiliser pour vous contraindre à acheter du matériel compatible. Refusez les baladeurs qui ne se comprtent pas comme de simples périphériques de stockage. Oui, ça veut dire l’Ipod aussi. Et de manière générale réfléchissez avant d’acheter ou d’installer quoi que ce soit. Votre liberté numérique est à ce prix.

Pour ma part, j’ai déjà commencé par virer Windows pour le remplacer par un système convivial, ce qui au final semble le moyen le plus simple de se débarasser du problème. Tristan aussi est passé à l’ennemi. Et vous, vous migrez quand ?

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