
B comme…
Samedi
Cette semaine est passée dans un souffle. Le samedi, tranquille, ponctué d’un passage à la fnac pour mater un peu le matériel photo — note au père noël : pas la peine de regarder l’efs 10-22, c’est un très bel objectif, mais mon banquier n’est pas d’accord — et au magasin pour acheter le nouveau sac de voyage de ma meilleure moitié. Dans la soirée, un petit restaurant asiatique (bondé, mais moins que ses voisins), avant de se faire une toile. Au programme, “Les Fils de l’Homme”, un film fantastique d’Alfonso Cuaron avec Clive Owen, Julian Moore et Michael Caine. Ça fait tellement longtemps que j’ai lâché l’actu ciné que je pensais voire un petit film de SF. À vrai dire, ni le casting, ni le réalisateur (surtout connu pour un épisode de Harry Potter) ne m’avaient préparé à l’incroyable superproduction déployée dans ce futur sombre et pourtant proche (2027) où l’humanité est en voie d’extinction, oscillant entre le désespoir et l’abandon. La caméra, légère, volatile, s’attache aux pas du héros, Théo, ancien activiste désabusé, engagé malgré lui dans le baroud d’honneur de l’humanité. L’image imprécise, toujours au coeur de l’action, plonge le spectateur au coeur de l’action, une action réaliste (les murs n’arrêtent pas les balles), brutale (jusqu’au sang sur la lentille de l’objectif), irrationnelle et angoissante (dans les scènes de combat, la mort survient sans crier gare), bien loin des images aseptisées trop fréquentes dans les films d’action. De longs plans-séquences, remarquablement maîtrisés, gardent le spectateur en haleine, à la manière d’un reportage. Les problèmes de ce monde futuriste sont tristement proches de ceux du monde actuel: pollution, terrorisme, fanatisme, paranoia sécuritaire, camps de réfugiés et contrôle de l’immigration, dans des proportions à la mesure du désepsoir d’un monde qui n’a pas connu une naissance depuis plus de 18 ans…
L’espoir persiste, pourtant, par exemple avec Michael Caine, un vieux hippie réfugié au fond des bois. En sa présence, la lumière revient, l’image s’élargit, et on respire un peu, avant de se laisser rattraper par l’action. Dans ces moments de calme, où l’on peut voir passer des animaux sauvages, signe peut-être de la fin du règne de l’humain, le réalisateur joue avec le spectateur, ré-expose sans en avoir l’air quelques mythes fondateurs.
Au final un très grand film, qui parvient à donner à cette histoire, vécue au travers d’un anti-héros remarquablement campé par Clive Owen, le souffle d’une épopée quasi-biblique.
Dimanche
Matinal, puisqu’il faut amener Valia à l’entrée de l’autoroute à 9h du matin. Juste le temps de se faire un duel d’appareils photos, et la voilà partie pour la semaine. Eh, mais ch’uis tout seul, là !

Lundi
Bon, si c’est comme ça, je retourne au ciné. Ce soir, “Ne le dis à personne”. On m’annonce un policier français, moi, je pense Maigret. Pas du tout. Un peu comme le précédent, ce film est une super production, toutes proportions gardées, puisque le budget est 10 fois inférieur à celui de “Children of Men”. Et pour un deuxième film, on ne peut pas s’empêcher de penser que Guillaume Canet est un enfant gâté, pourri : un budget à faire pâlir le box-office français, un scénario en béton inspiré d’un best seller d’Harlan Coben, et un casting à la limite de l’abus. Au générique, donc, François Cluzet, très bon, très engagé dans son rôle et très physique, André Dussolier à contre-emploi, en père usé, douloureux, Kristin Scott Thomas, François Berléand en limier, Jean Rochefort, Nathalie Baye, et j’en oublie la moitié.
L’intrigue, classique, expose une histoire d’amour extraordinaire sur fond de haine ordinaire. Et c’est ce qui fait la force du récit: par delà la mort, au mépris des soupçons, envers et contre tous, Alexandre aime Margot, Margot aime Alexandre. Si Roméo et Juliette avaient été courageux et trentenaires, peut-être qu’ils auraient fait aussi bien. La logique narrative s’incline devant cette simple évidence, et de cette naïveté assumée découle une mise en scène sans grande originalité, mais qui sert l’histoire dans sa simplicité limpide. Le reste est une affaire d’acteurs, et de ce côté là, on ne manque de rien. Encore un film très agréable, donc. Pour fêter ça, j’ai ouvert ma bouteille de scotch, celle sur la photo. À votre santé.
Mardi
Halloween ! Je rejoins mes puces chez les grands parents, pour passer la soirée et le mercredi avec elles. Une coupure bienvenue au milieu de la semaine. Mercredi passe tranquillement aussi, avec des températures absolument pas de saison: à 24°C, il fait plus chaud en ce début de mois de novembre qu’au milieu du mois d’Aout.


Jeudi
Oula. Rectification. Le froid est là, tout d’un coup. À tel point que la voiture toussote le matin et refuse de démarrer. Et avec ces histoires d’heure d’hiver, il fait nuit avant 18h00, ce qui fait que je dois shooter depuis la fenêtre de mon bureau si je veux une photo avant la nuit.

Toutes les photos de l’expérience “Un jour, une photo” sont visibles dans ce diaporama. Pour ceux qui trouvent qu’il n’y a pas assez à lire ici, vous pouvez jeter un oeil à la rubrique “Vu ailleurs”, dans la colonne de droite, c’est un recueil de mes trouvailles récentes, réunies aussi sur cette page.