Pour bien commencer, j’ai oublié mon appareil photo numérique au bureau. Comme pour le moment, je suppose que personne ne suit mon petit challenge, je suppose que j’aurai le temps de me rattraper en postant deux photos demain, celle que j’ai prise ce matin et celle que je ne manquerai pas de prendre demain. Ce qui m’amène à penser que vous allez sans doute finir par connaître le moindre caillou de mon trajet quotidien.

Ce matin, le train avait 10 minutes de retard, comme un lundi. Je ne m’explique que le train soit plus en retard ce jour-là que les autres, mais c’est le cas. Le jour où je n’aurai rien à vous raconter, je vous sortirai les jolies statistiques que je recueille jour après jour avec une régularité inquiétante. J’hésite à faire des statistiques sur la fréquentation des trains, si je me lance là-dedans, ça va tourner à la compulsion. Il y a quand même quelques détails amusants. Par exemple, lorsque le train est en retard, il y a quand même des gens qui arrivent jusqu’à la dernière minute, et qui l’auraient sans doute raté sinon. Donc plus le train arrive en retard, plus il est bondé. Inversement, plus il y a de monde, et plus les arrêts sont longs, pour faire monter et descendre tous ces gens. Du coup, si le train commence à prendre du retard, ça ne peut que s’aggraver… Non, je ne suis pas autiste.
Ce matin donc, j’ai dû attendre sur le quai, dans le vent froid et piquant qui venait mordre mes joues déjà agacées par le rasoir. Bien sûr, ce n’est pas bien grave, mais ces quelques minutes, je les aurais volontiers passées à la maison: je vois ma grande 5 mn le matin avant de partir parce que c’est moi qui la réveille (elle a insisté), et les deux puces 2h30 le soir, avec le bain, le rituel du pyjama, le repas, et une histoire avant d’aller dormir. Sur un décompte aussi serré, 10 minutes, ça fait une différence. Et je suis persuadé que si j’arrive à passer 5 minutes de plus chaque jour avec mes filles, elles arrêteront de crier à tue-tête, elles rangeront leurs affaires et elles m’épargneront le passage délicat de la crise d’adolescence. Ouais, bon, on peut rêver.
Pour en revenir aux retardataires chroniques de la SNCF, c’est pas comme si c’était compliqué de nous prévenir quand le train est en retard: s’ils sont capables de l’afficher sur le panneau à la gare, ils doivent bien pouvoir m’envoyer un mail, un SMS, un message téléphonique ou des signaux de fumée. Je me souviens d’une publicité où on voyait des gamins dans un pays très froid, blottis à l’intérieur et crispés sur leur téléphone portable, prêts à se ruer à l’extérieur dés que le bus approchait. Je ne sais pas si un tel service existe quelque part, mais si ce n’est pas le cas, il faudrait y penser. Pour tout dire, je suis même prêt à payer pour ce genre de renseignement.
Bon, je vois que vous avez été sages, je mets une photo de plus.
