Polaris

Mercredi 22 mars 2006

Thanjavur

Classé dans : Inde, Tourisme — polaris @ 16:57

Mohammed est repassé dans la soirée pendant que j’étais sorti, et il m’a laissé l’autobiographie dont il me parlait la veille. Je trouve qand même ça rudement étrange: il aurait aussi bien pu en envoyer une version électronique par e-mail… Après une mauvaise nuit dans le train et une grosse journée touristique, je m’accorde la matinée avant de repartir vers Thanjavur (Tanjore). Le quartier du casernement est charmant, son marché est calme et coloré — même si on entend toujours au loin les klaxons tonitruants des bus qui rentrent au dépôt — et il abrite même une église St John, mi-église, mi-transformeur, avec d’immenses portes latérales qui permettent d’ouvrir le choeur sur l’extérieur. Je prends un bus vers midi, pour voyager pendant les heures chaudes, et j’arrive sans encombres à Thanjavur. Enfin ça, c’est ce que je crois. Sur place, rien ne ressemble à ma carte, la gare routière n’est pas orientée dans la bonne direction, et les routes s’étirent sur des kilomètres dans toutes les directions. Ce relais est à l’extérieur de la ville, et je dois prendre un autre bus pour m’y rendre. Arrivé sur place, je commence ma visite par le palais, une batisse du seizième siècle en très mauvais état. Le guide qui m’accompagne est un bouffon, sympathique et superbement incompétent, et le palais me laisse une impression mitigée: certaines pièces sont superbement conservées, mais la végétation en a envahi des pans entiers, quand ce ne sont pas des familles qui s’y sont installées. La visite, qui passe d’un lieu préservé au suivant, manque de continuité, les rickshaws et les rabatteurs tombant sur le chaland dés qu’il pointe le nez dans la rue. Comme presque partout, il y a des cables aériens tirés de manière anarchique, les fenêtres sont grillagées et il est souvent difficile d’aligner une photo un peu propre.

Un peu déçu par cette visite en demi-teinte, j’hésite à aller voir l’autre site majeur de la ville, le temple de Brihadishwara, un édifice du onzième siècle décrit par mon travel book comme “le joyau de l’architecture sacrée chola”. Ce qui me sauve, c’est qu’il est à moins d’un kilomètre,et que j’arrive près du temple avant d’avoir décidé si je le visite ou si je reprends le bus. De l’extérieur, le temple est majestueux, alors même que j’arrive par l’Est au coucher du soleil. J’esquive rapidement les marchands de babioles pour pénétrer dans l’enceinte. À l’intérieur, c’est le choc: cet endroit est tout simplement merveilleux. Je l’avais déjà vu en photo et Hadrien, qui l’a visité récemment, m’en avait un petit peu parlé. Mais rien ne prépare à la plénitude de l’endroit, ni à sa dimension cyclopéenne, ni au niveau de détail dans sa réalisation. Je m’y promène, un peu hébété, je picore de place en place les commentaires des guides, je prends quelques photos qui, comme celles que j’ai vues, seront sans doute impuissantes à décrire la beauté de cet endroit. Comme les sanctuaires sont ouverts à tous, j’apporte une offrande à Parvathi, par politesse, et j’en ressors avec une marque rouge sur le front, la bénédiction de la compagne de Shiva. Dans le sanctuaire principal, au coeur de la tour colossale, se trouve un lingam aux dimensions invraisemblables, puisque la partie visible du monolithe fait 4m de haut et plus de 2m de diamètre.

En ressortant, je croise trois baroudeuses — France et Cerise, deux belges, et Virginie, une française, mieux que ça, une bretonne — en train de se prendre en photo avec l’éléphant du temple. On passera une partie de la soirée ensemble, avant que je ne reprenne un bus pour Trichy, où j’ai laissé mes affaires. Demain, Madurai.

Pas encore de commentaires »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article. URI de Trackback

Laisser un commentaire

Publié sur WordPress.