15 janvier 2006
Je me suis marié il y a 8 jours. C’est à la fois important et insolite, parce qu’aujourd’hui je prends le train vers une destination lointaine. Voyage de noces ? Non, la dame qui m’accompagne, malgré toute la tendresse que j’ai pour elle, n’est pas mon épouse, c’est la mère de mon ami, ce lui que je vais rejoindre à l’autre coin du monde. Je pars chercher la fortune et la gloire dans un pays lointain, et je pars sans ma famille, qui devrait me rejoindre plus tard, sans mes filles, sans ma femme. Curieuse lune de miel, donc, sans elle. Ou sans “L”, ma “Une de miel” en quelque sorte.
Le train avale le paysage à une vitesse vertigineuse. A peine le temps de s’étonner des grands arbres glacés pris dans les nappes de brouillard givrant, et c’est Roissy. Un coup de téléphone plus tard, la navette vient nous chercher pour nous déposer dans un havre improbable, une sorte de bungalow de chantier à étage déguisé en hotel. Les cloisons sont minimalistes, l’équipement aussi, et le tout donne l’impression d’avoir été racheté par la branche pauvre de la mafia ukrainienne. Peu importe, la navette nous reprend demain à 5h20.
16 janvier 2006
Je me réveille, il fait nuit. Je n’ai ni montre ni téléphone, donc je ne sais pas l’heure qu’il est, pas très malin pour un voyageur. Une fois allumé, mon laptop m’indique 4h30. Je ne vais pas me recoucher pour 30 minutes, j’allume la télé. “Le Secret des Poignards Volants” défriche des forêts de bambous sur Canal, je le regarde d’un oeil tout en me préparant. La navette est ponctuelle, Madeleine de bonne humeur malgré une nuit rafraichissante, et nous arrivons à CDG vers 5h40. Et CDG, à 5h40, c’est tout fermé… 30mn plus tard, le terminal 2B a repris un minimum d’activité, et après un café – croissant au tarif aéroportuaire, l’enregistrement se fait sans encombres. Il y a bien une connexion wifi dans le hub, mais c’est un service payant. Tant pis. Un dernier coup de fil à ma meilleure moitié, et on décolle pour Londres.
A Heathrow, c’est le chaos: 300 mètres de file d’attente pour accéder au terminal 4, le personnel de l’aéroport qui va et vient pour récupérer ceux dont l’avion est sur le point de partir, les messages d’information contradictoires qui succèdent aux excusesdébitées par les hauts-parleurs et, une fois dans le terminal, encore 10 mn d’attente avant d’embarquer. Au final, 1h40 de poireautage alors que j’aurais voulu faire les boutiques pour me dégoter une cravate supplémentaire et une ceinture. Damn’d Brits…
Le vol lui-même aura plus d’une heure de retard au décollage pour cause de fuite de carburant. Passer une heure de plus dans cet avion, ce n’est pas exactement ce dont j’avais besoin: nous sommes assis côte à côte, mais au milieu d’une rangée, sans possibilité de se lever pour se détendre les jambes, ce qui rend déjà le temps passablement long. Le système vidéo de l’avion diffuse en boucle une petite vingtaine de programmes, parmi lesquels je picore quelques extraits de “The Island”, “The Lord of War”, “The Constant Gardener”, l’itinéraire de l’avion sur fond de carte du monde et un épisode de Numb3rs que j’avais déjà vu. Je somnole pas mal sans parvenir à dormir vraiment, et au final tout le monde est bien content d’arriver à Chennai, surtout les enfants, non, pas les miens, mais tous les autres, qui ont été particulièrement tranquilles pendant la traversée.
Nous passons l’immigration en une heure (un petit bonhomme qui ressemble à Nérou et qui met calmement des tampons sur les passeports, les visas et les formulaires après les avoir patiemment examinés), et Hadrien est là avec une voiture de location et son chauffeur. De nuit, Chennai est assez fraîche, et presque totalement déserte. L’odeur est perceptible, mais ni aussi forte, ni aussi désagréable que ce à quoi je m’attendais. Sous une dominante de végétation en décomposition, ça sent l’huile de moteur , l’ozone et les produits chimiques. Il paraît que ça change suivant les endroits. Le conducteur, pourtant à peu près seul sur la route, utilise son klaxon pour prévenir les autres de son arrivée, lorsqu’il approche d’un carrefour ou change de direction. Hadrien nous apprend qu’il va peut-être passer le week-end à Tokyo pour le compte d’un hypothétique futur employeur, et je sens Madeleine qui s’étrangle à moitié à côté de moi, mais la discussion continue, à batons rompus, pleine de la joie de se retrouver et d’échanger
des potins. Après une brève délibération, j’hérite d’une chambre d’hotel initialement destinée à Madeleine, et je m’y écrase avec bonheur.
17 janvier 2006
La conduite au klaxon est une technique standard par ici. A 9h10, la densité sonore atteint les 110 coups de klaxon à la minute sous ma fenêtre, et le ronron apaisant du ventilateur ne suffit plus à les couvrir. Je saute dans mes chaussures, je passe faire un tour au cybercafé en bas pour donner des nouvelles, ce qui me coûte 10 roupies. Le jour où vous dégotez un cybercafé à 20 centimes de l’heure dans une grande ville européenne, gardez-le sous le coude. Vers 10h00, je vais voir où en est mon amie la touriste, qui dort chez son fiston. On prend un thé autour d’un petit déj’ en discutant du programme de la journée, et on décide d’aller voir la société de Théosophie et l’océan. Le temps de se faire beaux et propres (les indiens n’ont pas l’eau chaude, ça ne sert à rien…), on sort prendre notre premier rickshaw vers 13h00. Il comprend péniblement mon “Theosophical Society”, cherche d’abord à nous refourguer une destination du genre “Machin-machin-nam Shankti”, mais une fois mis sur la bonne route, nous fait une brillante démonstration de la “indian touch”. Le style de conduite est très libre: on passe à peu près où on veut, du moment qu’on ne heurte personne, on slalome entre les autres véhicules et on observe scrupuleusement la chaine de prédation camion > voiture > rickshaw > moto > vélo, quitte à s’arrêter au milieu si c’est le seul moyen. Les seulsà qui un peu tout le monde fait gaffe, ce sont les piétons, mais vu l’abscence de marquages spécifiques, traverser une artère, même à un carrefour, même quand le feu fonctionne, relève largement dela profession de foi. Tout ça pour dire ‘j’ai un peu digressé) que notre chauffeur nous amène sans coup férir à la grille du domaine des Théosophes, qui est malheureusement fermée jusqu’à 14h00. Là il m’annonce “five zero”, ce à quoi je réponds qu’il doit plaisanter, parce que ça fait à tout casser 30 roupies. J’avais calculé 21 au tarif officiel, je lui donne 30 et je m’en vais. J’apprendrai plus tard dans la journée que je viens de rentrer dans le club fermé de ceux qui négocient comme des requins.
Du coup on fait un tour à pieds dans le quartier en attendant que ça ouvre, et pour le coup, on prend de plein fouet ce mélange délicat de misère, de superstitions clinquantes et de maisons bourgeoises mêlées aux autres, et pourtant d’un autre monde. On prend quelques photos de monuments, dont une église surmontée d’une immense croix de néon rouge, gardée par des chiens aboyeurs qui nous chassent sans grande conviction.
Le domaine des théosophes est un jardin botanique très étendu, plein de grandes allées ombragées par de grands arbres, peuplé d’oiseaux de toutes sortes. Il y règne une atmosphère paisible et un silence réconfortant. Je le range immédiatement dans la catégories “lieux à fréquenter régulièrement”, d’autant que l’entrée est gratuite dans les horaires où elle est autorisée.Une heure plus tard, nous rejoignons nos pénates à bord d’un rickshaw pacifiste pour partir avec Hadrien à la recherche d’un appartement. On en visitera 4 ou 5 dans la soirée, du bon et du moins bon, à suivre. Et note pour plus tard, il y a certains appartements qu’on ne peut avoir que si l’on est végétarien. Au détour d’une visite, on monte sur la terrasse, située sur le toit, et de là, on a une vue splendide sur l’Océan Indien, mission accomplie. On rentre vers chez Hadrien (Thiruvanmiyur Signal, à prononcer en une seule syllabe), et en quelques dizaines de minutes, dans les boutiques voisines, j’obtiens un téléphone portable et des photos d’identité décentes, plus des photocopies de mon passeport. La nourriture m’arrache un peu la bouche, mais ça aussi, ça devrait passer rapidement.
Cette journée bien remplie s’achève dans la même chambre d’hôtel, apparemment je suis bon pour y rester jusqu’à ce que j’aie une maison; autant faire vite, donc…
18 janvier 2006
Réveil à 4h30 bouffé par les moustiques, ça m’apprendra à zapper la douche vespérale pour cause de flemme. Dehors c’est déjà la fanfare de camions et de klaxons. Passage au cybercafé pour échanger quelques messages et quelques photos avec Chérie, la petite maison tranquille que j’ai sélectionnée semble lui convenir. On passe une partie de la matinée à faire trois courses, au final on ressort du magasin avec des gombos et des grenades, facturées à la caisse “fruits et légumes” (3 caissières) puis transférés à la caisse principale (1 caissière et un homme, qui est le seul à manipuler l’argent) pour s’ajouter au reste des courses, avec tamponage de ticket, agrafage de facture et overdose de sacs en plastic. La compression de personnel, ça n’est pas pour tout de suite… On mange donc du riz et des gombos, ce qui semble suffisant pour un premier contact avec la cuisine indigène.
L’après-midi, je retourne voir Anaand, l’agent immobilier, ancien champion de karate. On fait un petit tour pour essayer de trouver le propriétaire, au final on tombe sur un ami qui a son téléphone, on l’appelle donc, ce qui donne lieu à un rendez-vous plus tard, vers 19h30 (en fait le propriétaire précise “8 heures moins 20″, détail qui prend toute sa saveur un peu plus tard). Hadrien semble suffisament acclimaté au business Chennaïte pour trouver tout ça normal, somme toute tout va bien, on a donc la fin de l’après-midi à meubler. Ce sera shopping et balade sur la plage.
19h30, on retourne à pied à la future maison, c’est à 10mn de chez Hadrien. Se déplacer à pieds n’est pas toujours possible, parce que la ville est immense, mais ça a l’énorme avantage de fixer les lieux et les distances dans l’espace. Le moyen de déplacement le plus classique, le rickshaw, s’apparente à de la téléportation parce qu’on ne voit pratiquement pas le paysage depuis la banquette arrière. On passe à côté d’un grand temple, avec un petit sanctuaire perché au milieu d’un grand bassin vide, qui devrait normalement être rempli d’eau, mais là non, alors il y a des chèvres qui broutent tranquillement au fond. Il fait déjà nuit, et je suis doublement content d’avoir évité le rickshaw, parce qu’à 19h00, Chennai est livrée à la mère de tous les embouteillages, The Traffic Jam avec toutes les majuscules que vous voudrez. On arrive avec 5 mn de retard au rendez-vous, sans trop se presser parce que les coups de téléphone passés en route nous indiquent qu’on sera les premiers. Ca ne manque pas, il n’y a personne. Shiva, le voisin, vient nous ouvrir la maison et discuter un peu avec nous en attendant. Le propriétaire appelle toutes les 10 minutes pour dire qu’il est en route, et l’agent immobilier tous les quarts d’heure pour voir si tout va bien. Finalement, vers 20h30, le propriétaire arrive avec sa femme, Shiva, qui nous a tenu le crachoir jusque là, lui explique qui je suis et je le vois hocher la tête au fur et à mesure (diplomé, bien, informatique, bien, marié, parfait, femme étudiante, bien, deux enfants, très bien). Ca me confirme ce que me racontait Hadrien à propos de ses amies seules qui ont cherché un appartement: ça doit être assez difficile, pour rester dans la litote. Sans autre forme de procès, le propriétaire nous annonce qu’il veut bien nous louer l’appartement, moyennant une photo de moi, quelques photocopies de mon passeport et la signature ce vendredi d’un contrat incluant une avance de 1 Lac (unité locale pour 100.000 roupies). Hadrien demande confirmation qu’il s’agit de 100.000 roupies, le propriétaire s’embrouille un peu, rétorque que non, c’est 10.000 roupies, grommelle un peu, et sa femme qui s’était tenue bien silencieusement en retrait jusque là rectifie le tir: c’est 10 fois 10.000 roupies, soit à peu près 2.000 euros. Apparemment c’est un peu en dessous des normes locales, qui sont de 10 mois de caution. Hadrien demande confirmation qu’il s’agit d’une avance, et que donc je n’aurai pas à payer de loyer pendant un certain temps, à nouveau le propriétaire tergiverse sur les termes “avance” ou “dépôt de garantie”, sa femme tranche à nouveau et confirme qu’il s’agit d’un dépôt de garantie. Alors dans l’absolu, c’est vrai que ça fait une caution à peine supérieure à celle d’un appartement équivalent en France, mais par rapport aux loyers locaux, c’est quand même l’orgie. Je veux devenir promoteur immobilier en Inde !
On rentre tranquillement, et on file manger un bout à la gargote du coin avec Emily, la colocataire. L’échoppe, en contrebas de la rue, est propre et sympathique, on peut voir travailler le cuisinier, et en plus il y a une salle climatisée. Pour moins de 30 roupies (60 cents) le plat, on a accès à tout un tas de bonnes choses végétariennes, et ça fait réfléchir à l’intérêt de faire la cuisine soit-même, d’ailleurs pour Hadrien et Emily c’est tout réféchi, ils ne la font pas. Les principaux pièges à éviter sont apparemment les épices, le yaourt (omniprésent) et le sucre (abondant). Tiens, ça me fait penser que je ne vous ai pas parlé du café indien: un peu de café, beaucoup de lait et énormément de sucre, en résumé “une fois, mais pas deux”. Et il paraît qu’il servent le thé de la même manière. Ergh.
19 janvier 2006
Réveil à 4h30 aux premiers assauts des moustiques, mais cette fois j’ai pris du matériel d’urgence, je repousse l’ennemi et je dors 3h de plus. Le gérant de l’hotel m’a grondé hier soir parce qu’il faut rentrer avant 23h30, et il en a profité pour me faire payer quelques nuits d’avance au passage, profitant lâchement de ma culpabilité pour l’avoir tiré de son sommeil à minuit. A 7h30, je file chez Hadrien, et je l’accompagne à Navadisha pour commencer le processus d’inscription de Louve, qui va apparemment prendre du temps et se déroule en plusieurs étapes. L’école est un peu loin, à peu près 25 minutes et 60 roupies en rickshaw, par une route passablement défoncée à la fin, dans un quartier qui semble avoir littéralement surgi de nulle part, avec tout ce que ça sous-entend en matière de rationalité urbaine. L’école à proprement parler est un très joli bâtiment, lumineux, divisé en plusieurs pôles. Hadrien me présente ses amies et les responsables de l’école, je remplis un dossier d’inscription pour Louve et mon interlocutrice m’informe qu’on m’appelera dans l’après-midi pour convenir d’une date d’entretien. Apparement à Chennai, on ne survit pas sans téléphone. Dans la foulée je rentre à la base et j’appelle Shiva pour lui filer les papiers nécessaires. Dont acte.
A midi je mange à la gargote avec Madeleine, et je nous prends les mêmes nouilles au gingembre qu’hier soir, avec un jus de citron, parce que c’est rudement bon. Puis on file à “San Thome Cathedral”, construite en mémoire de St Thomas qui évangélisa la région en 58. Le rickshaw qui nous y amène a de longues dents, une nageoire dorsale et un appétit féroce: il demande 150 roupies pour une course qui doit en valoir 80 au plus. Puis il semble accepter 80, puis une fois que nous sommes montés, il revient à 130. Bon, en même temps, on vient d’avoir une conversation avec Madeleine comme quoi on est vraiment inhumains avec ces pauvres chauffeurs de rickshaws, que l’essence est chère et qu’ils ont des enfants à nourrir, bref je laisse passer. Mais en fait, le chauffeur ne sait pas vraiment où on va, et il est parti au jugé plutôt que de perdre la course. En chemin il s’arrête pour demander la route à un collègue, qui nous demande notre destination et lui explique brièvement par où passer. Normal.
L’église / basilique / cathédrale (suivant les plans) mérite bien quelques photos de l’extérieur, mais la plage nous attire plus que la visite de l’intérieur du monument. C’est une jolie plage avec des pêcheurs (intouchables) qui veulent nous serrer la main et être pris en photo, des vaches qui ruminent et des mendiants qui mendient. On fait un petit kilomètre vers le sud avant de reprendre un rickshaw pour 70 roupies, sans négocier. Le premier était vraiment un squale. Un de ses amis fait un bout de chemin avec nous en partageant le siège avant, et on s’arrête en cours de route pour ravitailler en essence. Normal.
Le soir, repas “french food” avec les copines de Navadisha (l’école Montessori) et de Kalakshetra (l’école de danse): où qu’il soit, le salon d’Hadrien reste un carrefour social. On déguste du fromage, du saucisson ou de la pâte d’amande en sirotant du Bordeau, du Faugères et du coteau du Layon. La soirée est sympathique, et le ratio (2 garçons pour 6 filles) ne me dépayse pas énormément. Les danseuses sont un peu en retrait, mais on sent une vraie volonté de changer le monde en douceur dans ce groupe transnational, une sorte de bienveillance collective qui justifie les efforts consentis (les deux écoles ont ça en commun qu’on y travaille énormément), et l’expatriation pour pratiquement toutes celles qui sont là. On termine la soirée par un séquence visionnage de photos après le départ des filles. Je zappe la fin du voyage d’Hadrien pour aller m’écraser à l’hotel. Une journée qui commence à 4h30, ça finit par sembler long…
20 janvier 2006
Je me réveille à 4h00, pas vraiment ravi de ce nouveau record. La rue est encore assez calme, pas plus d’une dizaine de véhicules par minute, les moustiques sont tenus en respect par la prise insecticide spécialement prévue pour réguler leur espèce, mon drap est toujours là, j’ai carrément sommeil et donc je me demande frachement pourquoi je ne dors plus, alors que dans mon pays natal il n’est pas encore minuit. Ca me prend une bonne minute, et puis je comprends: pas de lumière dehors, plus un bruit dans la chambre, le vrombissement rassurant du ventilateur se tait alors que le mouvement des pales finit de mourir au-dessus de ma tête: panne de courant, ma première à Chennai. Welcome to India ! Sans la fraicheur artificielle du courant d’air, l’air dans la chambre devient immédiatement irrespirable. Dans le hall de l’hotel et dans la rue, ça papote déjà tranquillement en partant au travail, d’ailleurs la plupart des gros véhicules sont des bus. Si le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, alors les occidentaux ont du souci à se faire.