Amateurs de musique et explorateurs phonographiques de tous poils, vous qui êtes énervés parce que votre iPod plafonne à 60 Go et que tous vos amis sont fans de Kyo, ce billet est pour vous. Découvrir de la bonne musique — c’est à dire, de la musique que vous aimez — a toujours été un processus empirique. Que ce soit en écoutant la radio, au détour d’un concert, en écoutant un disque chez un ami, la découverte est souvent fortuite, opportuniste. On notera au passage le gros échec de la balise “Genre” des morceaux en mp3, qui sert approximativement à… rien, au moins de ce point de vue. Pour aller plus loin, on peut explorer les influences revendiquées par les artistes, ou bien lire la presse spécialisée pour trouver des pistes, mais ce type de recherche se limite aux artistes les plus connus (les articles sur Huun-Huur-Tu sont moins fréquents que ceux sur Madonna).
L’an dernier, j’ai découvert Audioscrobbler (rebaptisé last.fm), et la possibilité de voir ce qu’écoutent mes voisins est déjà appréciable: non seulement le nombre d’amis à qui je peux demander ce qu’ils écoutent augmente de manière exponentielle, mais en plus je peux cibler directement ceux qui écoutent djà à peu près la même chose que moi, ce qui est censé augmenter mes chances. Mais au final, ça reste le même système: écouter un morceau chez un ami pour voir si on aime.
Mais voici Pandora, un service de découverte musicale propulsé par le Music Genome Project, et qui prétend répondre à cette simple question: “Pouvez-vous m’aider à découvrir de la musique que j’aime ?”. Concrètement, les musiciens du MGP ont passé des années à analyser les caractéristiques musicales de plus de 300.000 morceaux représentant plus de 10.000 artistes: mélodie, rythme, tonalité, harmonie, instrumentation, arrangements, chants et contrechants. Et maintenant, partant d’un artiste ou d’une chanson qui vous plaît, ils sont capables de vous proposer une liste de morceaux présentant des caractéristiques similaires.
Une fois enregistré (c’est gratuit si vous acceptez la pub), le site lui-même est d’une agréable simplicité: une simple page, qui contient un petit lecteur Flash. Sur la gauche, une colonne contient vos “radios”, sur la droite, une liste des pochettes illustrant les derniers morceaux joués. Pour créer une radio, on indique juste le nom d’un artiste ou d’une chanson. Pandora peut demander de préciser s’il y a plusieurs correspondances possibles, et ensuite, la musique démarre, en mp3, 128 kb/s. Vous n’aimez pas un morceau ? Pandora passe au suivant, et affine sa sélection en conséquence. Vous découvrez une perle ? Pandora note votre approbation, et vous permet de l’acheter directement sur iTunes ou sur Amazon. Vous pouvez aussi demander pourquoi un morceau particulier est joué, et Pandora fera une liste succinte des paramètres qui le/la poussent à croire que ce morceau peut vous plaire. Cerise sur le gateau, vous pouvez marier plusieurs influences au sein d’une même radio, et les résultats sont surprenants (j’ai essayé “Dead Can Dance” meets “Juno Reactor”, et ça donne un mélange électro-vocal très mélodique, assez agréable).
Alors bien sûr, ça reste très anglophone pour le moment, et si le jazz est bien représenté, le classique est notoirement absent. La FAQ indique que l’animal est plus difficile à attraper, et fera l’objet de mises à jour futures, tout comme la musique latino-américaine. En attendant, Pandora est un service comme on aimerait en voir plus souvent, dépouillé, facile d’accès, précis et efficace.
Petite note technique: la musique est mise en cache sur la machine locale avant d’être jouée. Sous Linux, c’est dans /tmp/plugtmp/. Je suppose qu’on doit pouvoir trouver la même chose dans le répertoire temporaire d’une Winbox. Les morceaux ne sont pas taggés, mais ce problème a une solution connue.




