Polaris

Mercredi 29 juin 2005

Astuce pour convertir les .EPS en .FIG

Classé dans : Code, Linux, PostScript, Technique — polaris @ 11:13

Ça ne servira sans doute qu’à moi, mais c’est déjà ça, et un étudiant désespéré tombera peut-être dessus via Google: on peut convertir les images eps (encapsulated postscript) en fichiers éditables avec xfig grâce à la commande pstoedit comme ça:

pstoedit -dis -f fig image.eps > image.fig

Comme xfig permet d’exporter vers plein de formats, y compris vectoriels, ça devrait suffire pour récupérer à peu près n’importe quoi. Pour extraire les fichiers .eps d’un document Postscript, utiliser psrip. Évidemment, tout ça c’est sous Linux (et autres *nix). J’en ai eu besoin parce que l’import .eps d’Inkscape ne fonctionne pas encore très bien.

Vendredi 10 juin 2005

La bombe Apple

Classé dans : Apple, DRM, Intel — polaris @ 14:26

Le reste du monde l’ignore, mais tous les geeks de ce côté-ci de la blogosphère sont restés sidérés lorsque Steve Jobs, le très charismatique patron d’Apple, a annoncé lors de la dernière WorldWide Developer Conference que les prochains Mac utiliseraient des micro-processeurs… Intel. Oui, Intel, comme un “bête” PC. Au-delà de la part de légende qui s’éteint, ce mouvement surprenant ne lasse pas d’interroger les différents analystes sur l’état actuel de l’industrie, et nourrit les spéculations les plus folles.

Petit retour en arrière. Les “vieux” MacIntosh utilisaient des puces Motorola, comme les Atari et les Amiga des années 80. Leur jeux d’instruction réduit (RISC) a toujours été considéré comme un avantage sur les architectures Intel, qui utilisent des jeux d’instructions plus complexes (CISC). Élégance technique, orthogonalité de la conception, modernité ont toujours été des arguments de poids pour les Mac-fans. Motorola a ainsi équipé plusieurs générations de Mac, jusqu’aux récentes puces G4, contemporaines des premiers P4, remarquables par l’ajout d’une unité de calcul vectoriel, nom de code Altivec, supposée bien plus performante que ses homologues SSE et MMX sur Intel. Puis le torchon brûle entre Motorola et Apple, Steve Jobs adopte pour ses futures machines le nouveau processeur IBM, poétiquement nommé PowerPC 970, un monstre de puissance et de technologie RISC, 64 bits sous le capot et l’avenir devant lui. Dans le même temps, Apple fait la révolution au niveau du système d’exploitation, et sort son Mac OS X, basé sur un clone libre d’UNIX, et peut allier un système moderne et performant à une plate-forme matérielle d’exception. Qu’est ce qui pouvait foirer dans ce monde idyllique ?

Las, deux ans après l’introduction des premiers G5 à 2GHz, le G5 peine à monter en fréquence, ce qui est d’autant plus facheux que Steve Jobs himself avait promis des G5 à 3GHz pour l’année dernière. Pire, à cause de problèmes de surchauffe, il n’est toujours pas possible pour Apple de proposer des portables à base de G5, ce qui les pénalise lourdement dans un secteur en pleine croissance où ils se retrouvent bloqués avec une offre antédiluvienne (les G4 de 1999). Du coup, Steve Jobs n’est pas content, et “Quand Steve jobs pas content, lui toujours faire ainsi”.

Mais alors, pourquoi Intel ? Pourquoi renoncer à des années de communication sur la supériorité de l’architecture RISC, l’élégance de l’Altivec, la puissance d’un système d’exploitation moderne propulsé par un –voire deux– micro-processeur 64 bits ? Pourquoi revenir au choix par défaut, au concurrent de toujours, à Intel ? Tout d’abord, il faut bien voir que les alternatives ne courent pas les rues. AMD domine pour l’instant le jeu du point de vue technique, mais ne dispose pas des moyens de production du géant Intel, ce qui pourrait l’empêcher de fournir les composants nécessaires en temps et en heure pour satisfaire la demande. De plus, l’offre mobile est pratiquement inexistante chez ce constructeur. IBM réalise des processeurs remarquables, et son architecture va se retrouver au coeur des 3 consoles de la prochaine génération, Microsoft Xbox 360, Sony Playstation 3 et Nintendo Revolution. Mais Big Blue vient aussi de se séparer de son département “ordinateurs portables”, qu’il a revendu au chinois Lenovo, et n’a donc pas à court terme de besoin interne pour le développement de puces portables. Pourquoi investir et développer un processeur performant pour 5 millions de Mac alors qu’on peut décliner et raffiner une technologie qui sera présente sur plusieurs dizaines de millions de consoles ? IBM avait sans doute la capacité, mais pas la volonté de fournir à Apple les processeurs dont la marque à la pomme avait besoin.

À l’inverse, Intel a fini par renoncer –au moins momentanément– à la course au gigahertz qui l’a conduit dans l’impasse avec ses derniers P4 et leur architecture NetBurst, et rebondit sur une excellente ligne de processeurs mobiles, le Pentium M, pour proposer une plate-forme mobile intégrée des plus alléchantes. La ligne de produits à venir chez Intel a dû finir de convaicre le patron d’Apple que l’avenir de sa marque était définitivement là, quitte à défaire 20 ans de marketing sur des thèmes techniques pointus comme “RISC c’est mieux que CISC” ou encore “Intel c’est pas bien”. Autre argument qui a pu peser dans la balance, les studios et les distributeurs de contenu poussent fortement à l’adoption généralisée de la gestion de droits numériques (DRM), qui est d’ores et déjà intégrée dans la plate-forme Intel. À moins que ce ne soientt les tarifs accordés aux clients qui s’équipent en “tout Intel” qui aient fait la différence, car pour Apple ça ne signifierait pas seulement les ordinateurs de bureau et les portables, mais aussi les serveurs, les PDA et bien évidemment l’indétrônable Ipod. Reste à savoir pourquoi cette annonce arrive si tôt: les premiers Mac/Intel arriveront l’an prochain, et la transition sera terminée en 2007. Dans l’intervalle, qui va acheter un Mac/G5 ?

Finie donc, l’exception Mac, même s’il reste le système d’exploitation, dont Steve Ballmer, canonnier en chef chez Microsoft, s’accorde à dire que c’est “ce qui compte”. Et l’approche Apple, qui consiste à livrer un système complet (hardware + OS + applications), profilé pour réagir de manière harmonieuse et faciliter la vie de l’utilisateur, contrairement à Microsoft, qui vise le plus grand parc de périphériques compatibles, et délègue de ce fait l’écriture du pilote aux constructeurs. L’avenir est ouvert et les spéculations les plus folles courent déjà. OS X pourra-t-il tourner sur un PC standard ? Il semblerait que non, mais les spécialistes s’accordent à dire que les plus bricoleurs parviendront à tester le système sur leur machine, ce qui pourrait en faire des prescripteurs pour leurs amis moins technophiles. De son côté, monsieur Dell a déjà fait savoir qu’il serait content de distribuer OS X sur ses PC, juste histoire de faire monter la pression. Windows pourra-t-il tourner sur les Mac/Intel ? Assurément, et ce serait une nouvelle voie de transition pour les utilisateurs qui pourraient comparer les deux systèmes sur le même matériel. La prédiction la plus audacieuse vient de Robert Cringely, qui y voit une tentative d’Intel pour détrôner Microsoft. L’idée, c’est qu’Intel en aurait assez de Microsoft, qui n’innove pas assez pour tirer vers le haut la puissance de calcul nécessaire, et donc l’investissement dans les processeurs récents. En s’alliant avec Apple, Intel reprendrait plus que 3 malheureux pourcents de part de marché: ils récupèreraient le contrôle technologique du PC de bureau en s’affranchissant de Microsoft, et pourraient poursuivre par un plan classique de domination du monde.

On en reparle dans 5 ans, hein ?

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